Histoire des vaudois en Luberon | Patrimoine religieux

Article mis à jour le 16/03/2018 -

Souvent entre mythe et légende, l’histoire des Vaudois en Luberon intrigue. Venez la découvrir au cœur d’un territoire préservé grâce à des expériences de qualité.

Qui sont les Vaudois ?

Le mouvement Vaudois prit naissance à Lyon, dans les années 1170. Un riche marchand de cette ville, Valdès ou Vaudès appelé tardivement Pierre Valdo, décida de se convertir après avoir lu certains textes de la Bible qu’il avait fait traduire en franco-provençal. À la suite de cette lecture, il mena une vie de prédication et de pauvreté en donnant ses biens aux plus nécessiteux. Des disciples le suivirent et un mouvement prit forme qui marqua la société médiévale. Très rapidement, ils furent condamnés. Les messages émis par les disciples attaquaient directement l’Eglise, ce qui mécontentait la hiérarchie ecclésiastique. De plus, ils refusaient le Purgatoire et le serment. Les autorités estimaient que les « Vaudois », c'est-à-dire les disciples de Vaudès, devaient être poursuivis, inculpés et exécutés comme hérétiques qui n’étaient que des sectaires, professaient des erreurs, entraînaient les fidèles vers une damnation et rompaient l’unité de l’Eglise. Le mouvement se répandit là où les prédicateurs vaudois pouvaient encore prêcher publiquement. Ils s’installèrent en Languedoc, en Dauphiné, dans le Piémont, en Lombardie, ... puis plus tard dans le Luberon.

Pierre Valdès

Leur installation dans le Luberon

Au XIVe et XVe siècle, la Provence comme le territoire voisin du royaume de France connait la famine, la Peste noire et la guerre de Cent ans. Le Luberon fut alors fortement dépeuplé et la reconstruction put commencer au milieu du XVe siècle. Les seigneurs souhaitaient repeupler leur territoire afin de bénéficier des taxes et redevances qu’ils percevraient de la part des paysans qui travailleraient à nouveaux leurs terres.

En parallèle, dans les Alpes une partie de la population n’avait plus de travail et était persécutée par les inquisiteurs car elle faisait partie du mouvement vaudoise. Ces personnes se dirigèrent donc vers le sud de la France. Il est dit que six mille personnes s’installèrent ainsi dans la région du Luberon entre 1460 et 1560.

Des contrats furent passés entre les propriétaires des terres et ces nouveaux venus. On peut penser que les seigneurs et les ecclésiastiques savaient qu’au sein de cette population venue des Alpes se cachaient des Vaudois mais ils auraient fermé les yeux là- dessus par intérêt économique.

Cabrières-d'Aigues et le massif du Luberon

Les Vaudois, un peuple des champs :

Avec l’arrivée des Vaudois, les paysages évoluèrent, les villages furent reconstruits, les terres furent remises en culture et un nouvel habitat se développa,  les bastides. Cette période est caractérisée par ces habitats dispersés qui furent dans un premier temps destinés au personnel d’exploitation puis ces maisons rurales devinrent petit à petit des résidences permanentes. Ces demeures sont généralement de grandes dimensions et furent construites par des agriculteurs sur les terres éloignées des villages. Elles deviennent parfois les noyaux de véritables hameaux et c’est ce paysage qui a subsisté jusqu’à nos jours.

L’adhésion des Vaudois à la Réforme :

Au XVIe siècle, Martin Luther, un allemand, appelait à la Réforme et ces idées se développèrent petit à petit en Europe et notamment dans le Midi de la France. Ses écrits ne laissèrent pas indifférents les Vaudois du Luberon et les 95 thèses qu’il rédigea furent grand bruit. Guillaume Farel joua un rôle essentiel auprès des Vaudois du Luberon car il écrivit en français le résumé de la nouvelle doctrine qui était rédigée simplement car destinée au peuple. En 1530, lors de l’assemblée annuelle des Vaudois à Mérindol, il fut décidé d’envoyer deux barbes vaudois auprès de Martin Bucer et d’Oecolampade pour confronter la tradition vaudoise à la pensée réformée essentiellement sur les points qui posaient difficultés.

Entre le 12 et le 18 septembre 1532, des barbes et responsables vaudois se réunirent dans le val d’Angrogne, en Piémont. À la fin de cette assemblée, les responsables et barbes vaudois décidèrent d’adhérer à ce mouvement et adoptèrent la pensée réformée. La conversion à la Réforme des Vaudois paraît ainsi totale à Chanforan.

Le temple de Peypin-d'Aigues

Le temple de La Motte-d'Aigues

Les persécutions des Vaudois du Luberon

À l’origine, les Vaudois tout en restant fidèles à leurs pratiques religieuses familiales et à leurs barbes fréquentèrent l’Eglise pour les actes officiels et ne furent pas considérés comme des hérétiques, mais, dès le début des années 1530, la situation évolua. La population qui occupait le Luberon fut accusée d’hérésie luthérienne et vaudoise. La constante pénétration des idées luthériennes dans le royaume de France conduisit les autorités civiles et religieuses à réagir en engageant des poursuites contre ceux qui les diffusaient. Ainsi, Les tensions augmentèrent petit à petit au sein de la région et les persécutions commencèrent. Les Vaudois furent accusés de tous les maux et sont souvent dénoncés à l’Inquisition par les catholiques. Le dimanche 12 avril 1545, le parlement d’Aix avec à sa tête Maynier d’Oppède, décréta l’exécution des arrêts rendus contre les hérétiques soit la totale extirpation des Vaudois et des Luthériens par un arrêt. L’arrêt ne concernait pas seulement les habitants de Mérindol mais plusieurs villages du Luberon tels que La Roque, Villelaure et autres lieux voisins. Ces villages furent saccagés, brûlés et pillés. Les vaudois attrapés furent mis en prison, envoyés au galères ou tués.

Le site du château de Mérindol et son mémorial

Les traces laissées par les Vaudois sont nombreuses au cœur de notre territoire. Partez à leur découverte.


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